1/3 des dirigeants d’entreprise juge le télétravail à l’étranger possible

5 min de lecture

Si certains grands groupes ont commencé à proposer cette forme de télétravail inenvisageable avant le Covid, le chemin est encore long pour faire de cette approche hybride une généralité. Mais en si peu de temps, les dirigeants y voient enfin une belle opportunité d’optimiser l’équilibre vie pro/vie perso qui est obligatoire pour les générations futures. Convaincue que le télétravail à l’étranger a de beaux jours devant lui, Remoters, startup française lancée en 2021, a souhaité donner la parole aux chefs d’entreprise de tailles et secteurs différents. Décryptage des attentes, perceptions, motivations et craintes de ces dirigeants qui ont répondu à Opinionway pour l’occasion.

Par
 

Un tiers des dirigeants d’entreprise juge qu’il est possible d’organiser du télétravail depuis l’étranger

Selon l’étude Opinionway menée en mai 2022, 35% des chefs d’entreprise estiment le recours au télétravail depuis l’étranger comme étant possible. 14% déclarent même avoir déjà organisé ce mode de travail. Les dirigeants exposent toutefois deux limites principales

  • Premièrement, toutes les catégories de collaborateurs ne peuvent pas travailler de cette façon (27%).
  • Deuxièmement, le télétravail à l’étranger n’est possible que dans la limite d’un faible décalage horaire, inférieur à 3 heures (17%).

Toutefois, pour une majorité des dirigeants d’entreprise comptant 20 salariés ou plus, mettre en place la possibilité de télétravail depuis l’étranger est impossible dans leur organisation (60%). De surcroît, 16% jugent que ce n’est pas souhaitable.

      Les entreprises du secteur des services se montrent les plus réticentes à la mise en place du télétravail depuis l’étranger, puisque 66% des chefs d’entreprise de ce secteur jugent cette pratique impossible (+6 points par rapport à la moyenne).

      Les dirigeants du secteur de l’industrie sont les plus nombreux à dire que cette pratique est possible, mais pas pour toutes les catégories de salariés (33%, +6 points par rapport à la moyenne).

Le télétravail depuis l’étranger semble plus difficile à mettre en place dans les entreprises comptant 50 salariés ou plus : 65% de leurs dirigeants jugent cela impossible (+5 points par rapport à la moyenne). De fait, ils sont deux fois moins nombreux à déclarer avoir mis en place ce mode de travail dans leur organisation (9%) que les dirigeants des entreprises plus petites (17%).

« Nous sommes étonnés mais heureux de voir ces chiffres, qui dépassent notre perception. 35% de chefs d’entreprise qui sont favorables, en si peu de temps, c’est vraiment important ! Si la crise sanitaire a été très dure à tous niveaux, voici enfin un bénéfice : le changement des mentalités. Les entreprises doivent se moderniser et apporter des réponses concrètes aux attentes de leurs équipes. L’équilibre vie pro/vie perso doit etre une « norme » et le télétravail à l’étranger y contribue très clairement » explique Damien Corchia co-fondateur de Remoters

L’attractivité pour la marque employeur est le principal bénéfice du télétravail à l’étranger distingué par les dirigeants

Pourquoi proposer cette pratique du télétravail ? Quelles sont les motivations des dirigeants ?

Une petite partie des dirigeants attribue des bénéfices au télétravail depuis l’étranger, principalement pour améliorer l’état d’esprit des collaborateurs. Ils évoquent en particulier :

–          la motivation supplémentaire que ce mode de travail procure aux salariés (14%),

–          et qu’il permet de fidéliser les collaborateurs (11%).

En conséquence, ces dirigeants jugent plus globalement que le télétravail depuis l’étranger permet de renforcer l’attractivité de l’entreprise (12%). Les avantages financiers du télétravail depuis l’étranger sont beaucoup moins cités : 6% des dirigeants des entreprises comptants 20 salariés ou plus évoquent les économies induites sur les dépenses liées aux bureaux.

« Si le secteur industriel révèle une appétence particuliere pour cette pratique, de nombreux secteurs peuvent proposer cette alternative qui peut durer quelques semaines, quelques mois en fonction des entreprises, des postes des missions. Fidéliser ses équipes fait partie des piliers d’un dirigeant, et il faut être à l’écoute des télétravailleurs » explique Damien Corchia co-fondateur de Remoters

Les effets du télétravail depuis l’étranger sur l’état d’esprit des salariés sont particulièrement appréciés dans les entreprises du secteur de l’industrie. 23% des chefs d’entreprise de ce secteur jugent que cette pratique est une source de motivation pour les salariés (+9 points par rapport à la moyenne) et 20% voient un effet positif de cette mesure sur l’attractivité de leur entreprise (+8 points par rapport à la moyenne).

      Les chefs des entreprises de plus de 250 salariés apprécient également davantage. 18% soulignent le gain en motivation pour les salariés (+4 points par rapport à la moyenne), 17% d’entre eux le gain d’attractivité que cela engendre (+5 points par rapport à la moyenne).

      Les dirigeants des plus grandes entreprises se démarquent également sur l’intérêt financier de développer du télétravail depuis l’étranger : 13% d’entre eux remarquent que cela permet de réduire les dépenses pour les bureaux (+7 points par rapport à la moyenne).

Des craintes subsitent : principalement, la dégradation de la qualité du travail des collaborateurs

Pour justifier leurs réticences concernant la mise en place du télétravail depuis l’étranger, les dirigeants d’entreprise évoquent en premier lieu des inquiétudes concernant la qualité du travail des collaborateurs qui seraient concernés. Dans le détail, 25% redoutent une perte de productivité à cause d’une mauvaise connexion wifi et 17% le manque de contrôle et d’accompagnement.

      La crainte de perdre le contrôle sur le travail des collaborateurs est surtout évoquée par les chefs d’entreprise du secteur de l’industrie (23%) et du secteur du commerce (22%).

Seule une faible part des dirigeants estiment que le télétravail depuis l’étranger serait compliqué du point de vue administratif : 10% évoquent des difficultés pour les contrats de travail, 8% concernant la couverture santé des salariés et 7% la recherche de logement.

      Les grandes entreprises se distinguent à cet égard : les chefs d’entreprises de plus de 250 salariés sont moins perturbés par la perte de contrôle découlant du télétravail depuis l’étranger, puisque cela n’est mentionné que par 12% des dirigeants (-5 points par rapport à la moyenne).